Synthèse du rapport : "Quelles différences de consommation entre milieu rural et milieu urbain ?"

Synthèse du rapport : "Quelles différences de consommation entre milieu rural et

Résumé :

                Globalement, ce rapport met en évidence des différences de profil de consommation en milieu rural (communes de moins de  2000 habitants) et en milieu urbain (communes de plus de 2000 habitants).

                Il existe donc des problématiques différentes :

-          En milieu rural nous observons une consommation régulière de tabac et d’alcool plus importante qu’en milieu urbain.

-          En milieu urbain nous observons une consommation massive d’alcool lors d’une occasion particulière et des ivresses déclarées plus importantes qu’en milieu rural.

-          Concernant le cannabis, nous observons que les auvergnats en milieu urbain déclarent qu’il est plus facile de s’en procurer et qu’ils expérimentent plus cette substance que les auvergnats en milieu rural.

-          Le rapport met également en avant que les publics précaires en milieu rural (ici des personnes sans emploi) sont plus nombreux à déclarer des consommations intensives de tabac et d’alcool qu’en milieu urbain.

Préconisations :

-          Les actions de prévention en milieu rural devraient prioritairement portées sur les problématiques liées à un usage régulier de tabac et d’alcool.

-          Les actions de prévention en milieu urbain devraient prioritairement s’axer sur les alcoolisations massives et l’usage de cannabis.

-          Les actions visant le public précaire en milieu rural devrait être encouragées.Cette note reprend la synthèse du rapport réalisé par l’OBRESA[1] à la demande du CR2A. Ce rapport a pour but d’évaluer les différences de consommations de substances psychoactives en milieu rural et en milieu urbain dans la région Auvergne.[2]

Synthèse :

Des fumeurs réguliers ayant un tabagisme intensif plus souvent recensés en milieu rural qu’en milieu urbain

Quelle que soit la zone d’habitation, près des trois quarts des 15-85 ans de la région ont déjà expérimenté le tabac au cours de leur vie. Il s’agit d’un comportement majoritairement masculin aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine.

Près d’un quart des personnes interrogées sont des fumeurs réguliers, et ce quel que soit le lieu de vie. Globalement, la part de fumeurs réguliers augmente jusqu’à 20-25 ans pour les ruraux et 26-34 ans pour les urbains, puis décroit progressivement pour atteindre son niveau le plus bas à 75-85 ans quel que soit le milieu de vie. Une différence significative selon la zone d’habitation est remarquée chez les personnes sans activité professionnelle : dans cette population, les fumeurs réguliers se retrouvent plus souvent en zone urbaine (32 %) qu’en zone rurale (2 %).

En Auvergne, plus des deux tiers des fumeurs réguliers déclarent fumer 10 cigarettes ou plus par jour. Cette part est plus importante en milieu rural (78 %) qu’en milieu urbain (61 %). Quelle que soit la zone d’habitation, le tabagisme intensif demeure un comportement majoritairement masculin. Chez les 26-34 ans, la part de fumeurs intensifs dans l’ensemble de la population est plus élevée en milieu rural (39 %) qu’en milieu urbain (19 %). À l’inverse, chez les personnes sans activité professionnelle, la part de fumeurs intensifs dans l’ensemble de la population est plus élevée en milieu urbain (16 %) qu’en milieu rural (2 %).

Une consommation d’alcool au cours de l’année chez les 20-25 ans plus élevée en milieu rural

En Auvergne et quel que soit le milieu de vie, près de neuf personnes sur dix déclarent avoir consommé de l’alcool au cours de l’année. Comme pour la consommation au cours de la vie, la consommation d’alcool au cours de l’année est un comportement plus souvent masculin, et ce quelle que soit la zone d’habitation. Chez les 20-25 ans, cette consommation d’alcool est plus fréquente pour les individus vivant en milieu rural (96 %) que pour ceux vivant en milieu urbain (80 %).

Environ 15 % des 15-85 ans de la région déclarent boire de l’alcool tous les jours, 32,1 % de façon hebdomadaire et 39,3 % de façon mensuelle ou moins. Globalement, la répartition selon le type de consommation d’alcool ne montre pas de différence significative entre le milieu urbain et le milieu rural. Quelle que soit la commune d’habitation, la consommation quotidienne d’alcool augmente avec l’âge. Chez les personnes sans activité professionnelle, la part de consommateurs hebdomadaires d’alcool est plus importante en milieu urbain (25 %) qu’en milieu rural (6 %).

La consommation massive ponctuelle d’alcool, c’est-à-dire boire six verres ou plus en une même occasion, n’est pas rare. Quelle que soit la zone d’habitation, plus d’un tiers des 15-85 ans ont eu une consommation massive ponctuelle d’alcool au cours des douze derniers mois. Quelques différences significatives sont mises en évidence selon la zone d’habitation chez les 45-54 ans, la part de personnes ayant eu une consommation massive ponctuelle d’alcool une fois par mois au cours de l’année est plus élevée en milieu rural (27 %) qu’en milieu urbain (14 %). De même, chez les employés, la part de personnes ayant eu ce type de comportement une fois par mois au cours de l’année est plus importante en milieu rural (14 %) qu’en milieu urbain (6 %).

Selon le test Audit complet permettant de repérer l’abus-dépendance alcoolique, 11 % des 15-85 ans ont une consommation à risque et 2 % ont un risque de dépendance à l’alcool en Auvergne. La part de personnes ayant un risque de dépendance à l’alcool est significativement plus importante en milieu urbain (3 %) qu’en milieu rural (1 %). Cette différence se rencontre également chez les hommes de la région.

Chez les cadres, la part de personnes ayant une consommation à risque est plus élevée en milieu rural (16 %) qu’en milieu urbain (5 %).

Les ivresses répétées plus fréquentes en zone urbaine

En Auvergne, 17 % des 15-75 ans ont été ivres au moins une fois au cours des 12 derniers mois. L’ivresse au cours des 12 derniers mois est un comportement plus souvent masculin quelle que soit la zone d’habitation. La répartition des ivresses selon l’âge et le milieu de vie ne montre pas de différence significative entre le rural et l’urbain. Les ouvriers urbains déclarent plus souvent une ivresse au cours des douze derniers mois que les ouvriers ruraux.

Près de 9 % des 15-75 ans de la région ont eu des ivresses répétées. Cette part est significativement plus élevée en zone urbaine (11 %) qu’en zone rurale (6 %).

La consommation de cannabis plus souvent déclarée en zone urbaine

Un peu moins de la moitié des 15-64 ans de la région pensent qu’il serait assez facile, voire très facile, d’obtenir du cannabis en 24 heures. L’accessibilité au cannabis est jugée plus facile en zone urbaine. Ainsi, la part des personnes pensant qu’il est impossible, très difficile ou assez difficile d’obtenir du cannabis en 24 heures est significativement plus importante en milieu rural (54 %) qu’en milieu urbain (46 %). Cette différence entre le milieu de vie est également constatée chez les femmes.

Quelle que soit la zone d’habitation, la part de personnes jugeant qu’il est assez facile ou très facile d’obtenir du cannabis en 24 heures est plus importante chez les 15-34 ans puis elle décroît progressivement en fonction de l’âge. Les 45-64 ans vivant en milieu rural jugent plus compliqué d’obtenir du cannabis en 24 heures que les 45-64 ans vivant en milieu urbain. De même, les professions intermédiaires vivant en milieu rural jugent plus difficile d’obtenir du cannabis en 24 heures que les professions intermédiaires vivant en milieu urbain.

L’expérimentation de cannabis au cours de la vie est plus importante en milieu urbain : 30 % de ces derniers déclarent avoir déjà fumé du cannabis contre 22 % des ruraux. Cette différence entre les milieux de vie est également constatée chez les 45-54 ans.

Les Auvergnats âgés de 15 à 64 ans résidant en milieu urbain ont plus souvent déclaré avoir fumé du cannabis au cours des 12 derniers mois (8 %) que les ruraux (4 %). Cette différence entre les deux lieux de vie est également constatée chez les femmes. Globalement, quel que soit le lieu de vie, le taux de consommateurs de cannabis au cours de l’année décroit après 35 ans.

La consommation récente de cannabis est déclarée par 4 % des urbains et 3 % des ruraux. Les femmes urbaines ont plus souvent consommé du cannabis récemment que les femmes rurales.

La consommation d’autres drogues illicites similaire en zone urbaine et en zone rurale

8 % des 15-64 ans de la région ont consommé d’autres drogues illicites (hors cannabis) au cours de leur vie. Cela concerne 9 % des urbains et 6 % des ruraux. La différence entre ces deux lieux de vie n’est pas significative. Une différence est observée chez les professions intermédiaires : ceux vivant en milieu urbain déclarent plus souvent consommer d’autres drogues illicites (hors cannabis) que ceux vivant en milieu rural.

La consommation d’autres drogues illicites (hors cannabis) au cours de l’année reste marginale. Elles concernent 2,5 % des 15-64 ans habitant en milieu urbain et 1,2 % de ceux résidant en zone rurale.

 

 

 



[1] Cardoso, A., Venzac, M., & Maquinen, S. (2012). Drogues et dépendances : Quelles différences de consommation entre le milieu urbain et le milieu rural ?  

[2] Dans cette étude, le milieu rural est composé des communes de moins de 2000 habitants e le milieu urbain de plus de 2000 habitants. Sur la totalité des 1459 individus constituant l’échantillon, cela représente 786 vivant en milieu urbain et 669 en zone rurale.